L’assurance-vie reste le placement préféré des Français, avec un encours total de 1 950 milliards d’euros. Après des années de rendements en baisse sur les fonds euros, 2024 a marque un tournant : les taux ont remonté au-dessus de 3 % chez les meilleurs assureurs. Cette embellie redonne de l’attrait à un produit dont la fiscalité avantageuse et la souplesse en font un outil patrimonial incontournable. Tour d’horizon des stratégies à adopter en 2025.
En bref
- Le rendement moyen des fonds euros a atteint 2,6 % en 2024, contre 1,9 % en 2023.
- Les meilleurs fonds euros depassent 3,5 %, grâce à la remontée des taux obligataires.
- La fiscalité de l’assurance-vie devient optimale après 8 ans de détention.
Le fonds euros en 2025 : la remontée confirmée

Le fonds euros est le compartiment sécurisé de l’assurance-vie. Le capital est garanti par l’assureur, les intérêts acquis chaque année sont definitifs. Pendant la période de taux bas (2016-2022), les rendements avaient chute sous les 1,5 %, poussant les épargnants vers les unités de compte plus risquées.
La remontée des taux obligataires a change la donne. Les assureurs, qui investissent majoritairement en obligations d’État et d’entreprises, bénéficient de rendements plus élevés sur les nouveaux titres achetés. Le rendement moyen des fonds euros a atteint 2,6 % en 2024 et devrait se maintenir entre 2,5 et 3 % en 2025.
Les ecarts entre assureurs sont significatifs. Les contrats en ligne (Linxea, Boursorama, Fortuneo) affichent les meilleurs rendements, souvent 0,5 à 1 point au-dessus des contrats distribues en agence bancaire. Les frais de gestion, plus faibles en ligne (0,5 à 0,6 % contre 0,7 à 1 % en agence), expliquent en grande partie cet ecart.
Les unités de compte : diversifier pour performer
Les unités de compte (UC) sont des supports d’investissement non garantis en capital. Elles donnent accès à une large gamme d’actifs : actions, obligations, immobilier (SCPI, OPCI), matières premières, private equity. Le rendement potentiel est supérieur au fonds euros, mais le risqué de perte en capital est réel.
En 2024, les UC investies en actions européennes ont affiche des performances de 8 à 15 % selon les fonds. Les SCPI en assurance-vie ont delivre 4 à 5 % de rendement avec l’avantage d’une fiscalité allégée par rapport a la détention en direct. Les fonds obligataires, profitant de la remontée des taux, ont offert 3 à 6 %.
| Support | Rendement 2024 | Risqué | Liquidité | Horizon |
|---|---|---|---|---|
| Fonds euros | 2,5 à 4,5 % | Très faible | Bonne | Court terme |
| UC actions | Variable | Élevé | Moyenne | 8 ans + |
| UC immobilier (SCPI) | 4 à 6 % | Modéré | Faible | 5 ans + |
| UC obligations | 3 à 5 % | Modéré | Bonne | 3 ans + |
La répartition entre fonds euros et UC dépend du profil de l’épargnant. Un investisseur prudent placera 70 à 80 % en fonds euros et 20 à 30 % en UC diversifiées. Un investisseur dynamique, avec un horizon de placement supérieur a 10 ans, peut inverser la proportion. L’age, la tolérance au risqué et les objectifs patrimoniaux déterminent le curseur.
La fiscalité : l’atout maître après 8 ans
L’assurance-vie bénéficie d’un régime fiscal spécifique qui la distingue des autres placements. Tant que l’épargnant ne fait pas de retrait, aucun impot n’est du. Les gains sont capitalisés sans frottement fiscal, ce qui accéléré l’effet boule de neige des intérêts composes.

Lors d’un retrait, seule la part de gains contenue dans le retrait est imposée. Pour un contrat de plus de 8 ans, un abattement annuel de 4 600 euros (9 200 euros pour un couple) s’applique sur les gains. Au-delà, les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire liberatoire de 7,5 % (pour les versements anterieurs a 150 000 euros) plus 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 24,7 % au total. C’est nettement moins que la flat tax de 30 % applicable aux autres placements.
En matière de succession, l’assurance-vie offre un cadre encore plus avantageux. Les capitaux transmis au décès bénéficient d’un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire pour les versements effectues avant 70 ans. Au-delà, un taux forfaitaire de 20 % s’applique jusqu’a 700 000 euros, puis 31,25 %. Ce dispositif permet de transmettre des sommes importantes en franchise quasi totale de droits de succession.
Les frais : le détail qui change tout
Les frais grignotent la performance de manière insidieuse. Quatre types de frais coexistent dans un contrat d’assurance-vie. Les frais sur versement (0 à 5 % du montant versé) sont les plus visibles et les plus negociables. Les meilleurs contrats en ligne né prélèvent aucun frais sur versement, tandis que certaines banques facturent encore 2 à 3 %.
Les frais de gestion annuels (0,5 à 1 % de l’encours) sont prélevés automatiquement sur le rendement. Un ecart de 0,3 % peut sembler négligeable, mais sur 20 ans et un capital de 100 000 euros, il représente plus de 6 000 euros de manque a gagner. C’est un critère de sélection déterminant.
Les frais d’arbitrage (0 à 1 % du montant transféré entre supports) et les frais spécifiques aux UC (frais courants du fonds, de 0,5 à 2,5 % par an) s’ajoutent a la note. Un contrat avec 0 % de frais sur versement, 0,5 % de frais de gestion et 0 % de frais d’arbitrage delivrera un rendement net sensiblement supérieur à un contrat charge a 3 % d’entrée et 0,8 % de gestion annuelle.
Nos recommandations pour 2025
Ouvrir un contrat d’assurance-vie le plus tôt possible, même avec un versement initial modeste. Le compteur fiscal de 8 ans demarre à l’ouverture du contrat, pas au premier versement significatif. Ouvrir un contrat avec 100 euros et l’alimenter progressivement permet de bénéficier de la fiscalité optimale au moment ou l’épargne devient conséquente.
Privilégier les contrats en ligne a frais réduits. Les ecarts de frais entre les contrats en ligne et les contrats bancaires traditionnels se chiffrent en dizaines de milliers d’euros sur la durée de vie du placement. Linxea Spirit 2, Boursorama Vie et Fortuneo Vie figurent parmi les références du marché.
Diversifier les supports. Un contrat investi a 100 % en fonds euros est sécurisé mais peu performant à long terme. Intégrer 20 à 40 % d’UC (actions mondiales, SCPI, fonds flexibles) ameliore le rendement global sans exposer l’épargnant à un risqué excessif, surtout sur un horizon de placement supérieur a 8 ans.
Ne pas multiplier les contrats inutilement. Deux ou trois contrats auprès d’assureurs différents suffisent pour diversifier le risqué émetteur. Chaque contrat bénéficiant de la garantie de 70 000 euros du Fonds de Garantie des Assurances de Personnes (FGAP), répartir son épargne entre plusieurs assureurs est prudent au-delà de ce seuil. (source : INSEE)
Conclusion
Les points clés à retenir
- Les fonds euros rapportent 2,5 à 3,5 % en 2025, un niveau correct mais en baisse
- Intégrer 20 à 40 % d’unités de compte améliore le rendement sur un horizon de 8 ans et plus
- Les contrats en ligne (Linxea, Boursorama Vie) affichent des frais très inférieurs aux banques traditionnelles
- Deux ou trois contrats auprès d’assureurs différents suffisent pour diversifier le risqué