Dans cet article
- Stellantis a versé 1,04 € par action au titre de l'exercice 2023, mais a suspendu son dividende pour l'exercice 2024
- L'assemblée générale d'avril 2025 a confirmé l'absence de dividende en 2025 en raison d'une perte nette
- Le rendement historique du titre oscillait entre 5 % et 9 % selon les exercices, un niveau attractif dans l'automobile
- La situation financière du groupe reste sous pression avec un recul du chiffre d'affaires et des marges en 2024
- Les analystes anticipent un possible retour du dividende dès 2027 si le plan de redressement porte ses fruits
- Stellantis reste un titre à surveiller pour les investisseurs patients, mais le profil de risque a nettement augmenté
Sommaire
- Présentation de Stellantis et sa politique de dividende
- Historique complet du dividende Stellantis
- Dividende Stellantis 2025-2026 : la suspension confirmée
- Rendement du dividende et comparaison sectorielle
- Analyse financière : Stellantis est-il en difficulté ?
- Prévisions du dividende Stellantis 2027 et au-delà
- Faut-il investir dans Stellantis pour le dividende ?
Au cours de mes douze années passées à conseiller des épargnants sur leurs placements, j'ai rarement vu un dossier susciter autant de questions que le stellantis dividende. Né de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler en janvier 2021, le groupe automobile Stellantis a d'abord séduit les investisseurs avec des rendements généreux. Puis la situation s'est brutalement retournée. Aujourd'hui, de nombreux porteurs d'actions me demandent s'il faut conserver, acheter ou fuir le titre. Je vous propose une analyse complète, chiffrée et sans langue de bois.
Présentation de Stellantis et sa politique de dividende
Stellantis N.V. (ISIN : NL00150001Q9) est le quatrième constructeur automobile mondial, coté sur Euronext Paris (STLAP) et à la Bourse de Milan (STLAM). Le groupe réunit quatorze marques emblématiques : Peugeot, Citroën, Opel, Fiat, Jeep, Alfa Romeo, Maserati, Ram, Dodge ou encore Chrysler. Avec plus de 250 000 collaborateurs répartis sur cinq continents, Stellantis occupe une position centrale dans l'industrie automobile.
Dès la création du groupe, la direction a affiché une politique de distribution ambitieuse. L'objectif annoncé était de reverser entre 25 % et 30 % du résultat net aux actionnaires sous forme de dividendes, complété par des programmes de rachat d'actions. Cette approche a fonctionné tant que les résultats suivaient. Mais lorsqu'un constructeur affiche une perte nette, la logique arithmétique s'impose : pas de bénéfice, pas de distribution.
C'est exactement ce qui s'est produit pour l'exercice 2024. Après trois années consécutives de dividendes en hausse, Stellantis a dû couper sa distribution, une décision qui a surpris beaucoup d'investisseurs particuliers. Pour bien comprendre la situation actuelle, il faut d'abord examiner l'historique complet des versements.

Historique complet du dividende Stellantis
Depuis sa création, Stellantis a versé des dividendes croissants pendant trois exercices avant de suspendre le versement. Voici le tableau récapitulatif que j'utilise avec mes clients pour visualiser l'évolution :
| Exercice | Dividende brut par action | Date de détachement | Date de versement | Rendement approximatif |
|---|---|---|---|---|
| 2021 | 1,04 € | Avril 2022 | Mai 2022 | ~6,5 % |
| 2022 | 1,34 € | Avril 2023 | Mai 2023 | ~8,2 % |
| 2023 | 1,55 € | Avril 2024 | Mai 2024 | ~7,0 % |
| 2024 | 0,00 € | — | — | 0 % |
Le dividende au titre de l'exercice 2021 marquait le premier versement du groupe fusionné. À 1,04 € par action, il offrait déjà un rendement supérieur à 6 %, plaçant Stellantis parmi les valeurs les plus généreuses du CAC 40. L'exercice 2022 a vu la distribution grimper à 1,34 €, portée par des résultats records et une gestion rigoureuse des coûts sous la direction de Carlos Tavares.
Le sommet a été atteint avec le dividende de 1,55 € au titre de l'exercice 2023, versé en mai 2024. À ce moment-là, Stellantis affichait un bénéfice net de 18,6 milliards d'euros pour 2023, un niveau exceptionnel dans le secteur automobile. Ce montant représentait un taux de distribution d'environ 26 %, parfaitement conforme à la politique annoncée.
Puis tout a basculé. L'exercice 2024 s'est soldé par une perte nette significative, mettant fin à la série haussière. Cette volatilité des résultats n'est d'ailleurs pas rare dans l'automobile : je constate régulièrement que mes clients sous-estiment la cyclicité de ce secteur par rapport à des valeurs plus défensives comme celles du dividende Engie ou du dividende AXA.
Dividende Stellantis 2025-2026 : la suspension confirmée
L'assemblée générale annuelle de Stellantis, tenue en avril 2025, a entériné ce que le marché anticipait depuis plusieurs mois : aucun dividende ne sera versé en 2025 au titre de l'exercice 2024. La raison invoquée est simple et implacable : le groupe a affiché une perte nette, rendant toute distribution impossible sans puiser dans les réserves.
Concrètement, cela signifie qu'il n'y a eu ni date de détachement ni date de versement du dividende Stellantis en 2025. Pour les actionnaires qui comptaient sur ce revenu passif, la déception est réelle. Certains de mes clients avaient intégré un rendement de 6 à 7 % dans leurs projections de revenus complémentaires. La suppression du dividende les a contraints à revoir leur allocation.
Pour l'exercice en cours (2025), dont le dividende serait normalement versé en 2026, la visibilité reste très faible. Les premiers résultats trimestriels 2025 ne montrent pas encore de redressement suffisant pour garantir un retour du dividende Stellantis 2026. La plupart des analystes que je suis tablent sur un dividende nul ou symbolique. Je recommande à mes clients de ne pas intégrer de versement Stellantis dans leur budget prévisionnel pour 2026.
Cette situation rappelle d'autres épisodes similaires dans l'automobile. Renault avait suspendu son dividende en 2020 avant de le rétablir progressivement, comme je l'explique dans mon analyse du dividende Renault. Le parallèle n'est pas parfait, mais il montre que ces interruptions, bien que douloureuses, ne sont pas toujours définitives.

Rendement du dividende et comparaison sectorielle
Le rendement du stellantis dividende a été l'un de ses principaux attraits. Pendant trois ans, le titre a offert un rendement brut supérieur à 6 %, culminant à plus de 8 % pour l'exercice 2022. C'est un niveau remarquable, même comparé aux meilleures valeurs de rendement françaises. Pour rappel, le rendement moyen du CAC 40 se situe autour de 3 %.
Mais un rendement élevé doit toujours être interprété avec prudence. Quand je vois un rendement supérieur à 7 %, mon réflexe de banquier est de vérifier s'il ne reflète pas une baisse du cours de l'action plutôt qu'une hausse du dividende. C'est exactement ce qui s'est produit avec Stellantis en 2024 : le cours a chuté de plus de 40 %, gonflant artificiellement le rendement calculé sur le dernier dividende versé.
Voici comment Stellantis se positionnait par rapport à d'autres valeurs du secteur et du marché :
| Action | Dernier dividende versé | Rendement brut estimé | Régularité du versement |
|---|---|---|---|
| Stellantis | 1,55 € (exercice 2023) | 0 % (suspendu) | Irrégulier |
| Renault | 1,85 € (exercice 2023) | ~4,5 % | Variable |
| BNP Paribas | 4,60 € | ~6,5 % | Régulier |
| AXA | 1,98 € | ~5,5 % | Régulier |
| Engie | 1,43 € | ~8,0 % | Régulier |
| L'Oréal | 7,00 € | ~1,7 % | Très régulier |
Ce tableau illustre un point que je martèle à mes clients : le rendement seul ne fait pas la qualité d'un investissement. Un titre comme BNP Paribas offre un rendement élevé avec une régularité rassurante. L'Oréal verse un dividende plus modeste mais en croissance continue depuis plus de 30 ans. Stellantis, lui, offrait un rendement spectaculaire mais fragile, totalement dépendant du cycle automobile.
Pour un portefeuille orienté revenus, je préfère combiner des valeurs à rendement modéré mais prévisible avec quelques positions plus dynamiques. Le dividende Crédit Agricole ou le dividende Edenred entrent dans cette première catégorie.
Analyse financière : Stellantis est-il en difficulté ?
La question revient sans cesse dans mes rendez-vous : Stellantis est-il en difficulté financière ? La réponse mérite d'être nuancée. Le groupe traverse indéniablement une crise opérationnelle majeure, mais sa survie n'est pas menacée à court terme.
Plusieurs facteurs expliquent la dégradation des résultats en 2024 :
- Effondrement des ventes en Amérique du Nord : le marché américain, traditionnellement le plus rentable pour le groupe (via les marques Jeep, Ram, Dodge), a subi un recul marqué des volumes et une hausse des stocks sur parc
- Transition électrique coûteuse : les investissements massifs dans les plateformes électriques (STLA Medium, STLA Large) pèsent sur les marges sans générer encore de volumes suffisants
- Pression concurrentielle chinoise : les constructeurs chinois comme BYD grignotent des parts de marché en Europe, segment historique de Stellantis
- Départ de Carlos Tavares : la démission du PDG en décembre 2024 a créé une incertitude managériale au pire moment
- Provisions et charges exceptionnelles : restructurations, ajustements de valeur et coûts de garantie ont alourdi la facture
Pour autant, Stellantis conserve des atouts structurels. Le groupe disposait fin 2024 d'une trésorerie industrielle nette encore positive, estimée à plusieurs milliards d'euros. Le portefeuille de marques reste puissant et diversifié. Et les synergies issues de la fusion PSA-FCA n'ont pas toutes été exploitées.
L'Autorité des marchés financiers impose aux sociétés cotées de communiquer régulièrement sur leur situation financière. Je vous recommande de consulter les rapports trimestriels publiés sur le site officiel de Stellantis pour suivre l'évolution des indicateurs clés : marge opérationnelle, flux de trésorerie libre et niveau d'endettement.
Mon diagnostic : Stellantis n'est pas au bord du gouffre, mais la reconstruction sera longue. Le nouveau management devra prouver sa capacité à redresser les marges, rationaliser la gamme et accélérer sur l'électrique sans sacrifier la rentabilité. C'est un pari industriel, pas un placement de bon père de famille.

Prévisions du dividende Stellantis 2027 et au-delà
Après la suspension du dividende pour les exercices 2024 et probablement 2025, la grande question porte sur un éventuel retour de la distribution. Les prévisions du dividende Stellantis 2027 dépendent entièrement de la capacité du groupe à renouer avec les bénéfices.
Le consensus des analystes financiers, tel qu'on peut le consulter sur les principales plateformes boursières, esquisse un scénario de reprise progressive :
- Exercice 2025 (dividende versé en 2026) : la majorité des analystes anticipent un dividende nul ou très symbolique, de l'ordre de 0,10 à 0,30 € par action
- Exercice 2026 (dividende versé en 2027) : un retour autour de 0,50 à 0,80 € est envisagé si le plan de redressement produit ses premiers effets
- Horizon 2028-2030 : certains scénarios optimistes tablent sur un retour progressif vers 1,00 € et au-delà, à condition que Stellantis retrouve une marge opérationnelle supérieure à 7 %
Je tiens à être transparent avec vous : ces prévisions reposent sur des hypothèses fragiles. Le secteur automobile mondial fait face à une transformation sans précédent, entre électrification, concurrence chinoise et évolution des usages. Les constructeurs européens qui ne s'adapteront pas assez vite pourraient voir leur rentabilité durablement affectée.
Pour les investisseurs qui souhaitent miser sur une prévision de l'action Stellantis en 2026 ou 2030, je recommande de ne pas se focaliser uniquement sur le dividende. La création de valeur à long terme passera par la capacité du groupe à se transformer industriellement. Un dividende rétabli trop tôt, au détriment des investissements nécessaires, serait en réalité une mauvaise nouvelle.
Pour approfondir l'analyse sur les prévisions du dividende Stellantis 2026, j'ai consacré un article complet aux scénarios détaillés.
Faut-il investir dans Stellantis pour le dividende ?
C'est la question qui résume toutes les autres. Mon avis de professionnel est clair : Stellantis n'est plus, aujourd'hui, une valeur de rendement. C'est devenu une valeur de retournement, ce qui implique un profil de risque fondamentalement différent.
Investir dans Stellantis en espérant toucher un dividende régulier serait, à mon sens, une erreur de raisonnement. Le titre peut en revanche intéresser des investisseurs prêts à accepter une forte volatilité, convaincus que le redressement opérationnel est possible et disposés à attendre plusieurs années avant de voir les fruits de leur patience.
Voici les critères que j'utilise avec mes clients pour évaluer la pertinence d'un investissement dans Stellantis :
- Horizon d'investissement : minimum 3 à 5 ans. Si vous avez besoin de revenus réguliers à court terme, orientez-vous vers des valeurs à dividende stable comme Saint-Gobain ou Hermès
- Tolérance au risque : élevée. Le cours peut encore baisser significativement en cas de nouvelles mauvaises surprises
- Poids dans le portefeuille : je déconseille de dépasser 3 à 5 % d'un portefeuille actions sur une seule valeur de retournement
- Diversification sectorielle : ne pas cumuler Stellantis avec d'autres valeurs automobiles. Le dividende Renault et Stellantis sont exposés aux mêmes vents contraires
Un point technique important : le mécanisme du détachement du dividende fait que le cours s'ajuste mécaniquement à la baisse le jour du détachement. Quand le dividende sera rétabli, il ne faudra pas confondre cette baisse technique avec un signal de vente.
Enfin, n'oubliez pas la fiscalité. Les dividendes d'actions étrangères (Stellantis est domiciliée aux Pays-Bas) subissent une retenue à la source néerlandaise de 15 %, récupérable via un crédit d'impôt en France. Le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % s'applique ensuite en France, sauf option pour le barème progressif. La documentation fiscale officielle détaille les modalités de déclaration applicables aux dividendes de source étrangère.
À retenir
- Stellantis a suspendu son dividende pour l'exercice 2024 ; aucun versement n'a eu lieu en 2025
- Ne comptez pas sur un dividende Stellantis en 2026 dans vos projections de revenus
- Limitez votre exposition à 3 à 5 % maximum de votre portefeuille actions sur ce titre
- Privilégiez un horizon de 3 à 5 ans minimum si vous investissez dans une logique de retournement
- Surveillez la marge opérationnelle trimestrielle comme indicateur avancé du retour du dividende
Questions fréquentes
Quelle est la prévision de dividende de Stellantis pour 2026 ?
La prévision de dividende Stellantis pour 2026 (au titre de l'exercice 2025) est très incertaine. La majorité des analystes tablent sur un dividende nul ou symbolique, compris entre 0 et 0,30 € par action. Le groupe doit d'abord démontrer un retour aux bénéfices avant d'envisager toute distribution. Je recommande de ne pas intégrer de dividende Stellantis dans vos projections financières pour 2026.
Stellantis est-il en difficulté financière ?
Stellantis traverse une crise opérationnelle sérieuse marquée par une perte nette en 2024, un recul des ventes en Amérique du Nord et le départ de son PDG Carlos Tavares. Cependant, le groupe conserve une trésorerie industrielle nette positive et un portefeuille de marques diversifié. La survie du groupe n'est pas menacée à court terme, mais le redressement prendra du temps et nécessitera une exécution irréprochable du nouveau management.
Stellantis est-elle une bonne action à dividendes ?
Aujourd'hui, Stellantis n'est plus une bonne action à dividendes. Le versement est suspendu et le retour à une distribution régulière reste hypothétique. Le titre a offert des rendements très attractifs entre 2022 et 2024 (6 à 8 %), mais la cyclicité du secteur automobile rend ces versements par nature irréguliers. Pour un portefeuille orienté revenus, je privilégie des valeurs à dividende plus prévisible dans la banque, l'assurance ou les utilities.
Quel est l'avenir de Stellantis en bourse ?
L'avenir de Stellantis en bourse dépend de sa capacité à réussir trois défis simultanés : redresser les marges en Amérique du Nord, réussir la transition vers l'électrique et résister à la concurrence chinoise. Si le plan de redressement fonctionne, le titre pourrait retrouver une valorisation attractive d'ici 2027-2028. Mais les risques restent élevés et une poursuite de la baisse n'est pas exclue.
Quand Stellantis verse-t-il habituellement son dividende ?
Quand Stellantis verse un dividende, le détachement intervient généralement en avril, avec un versement effectif en mai. L'assemblée générale annuelle, qui se tient habituellement en avril, vote le montant de la distribution. Pour les exercices 2021 à 2023, le calendrier a systématiquement suivi ce schéma. En 2025, aucune date n'a été fixée puisque le dividende a été supprimé.
Quelle fiscalité s'applique au dividende Stellantis pour un résident français ?
Le dividende Stellantis fait l'objet d'une retenue à la source de 15 % aux Pays-Bas (siège social du groupe), puis du prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % en France. Un crédit d'impôt permet d'éviter la double imposition. Si le titre est détenu dans un PEA, la retenue à la source néerlandaise s'applique quand même mais est récupérable. La fiscalité effective dépend de votre situation personnelle et de l'enveloppe de détention choisie.
Ancien banquier privé, Marc Lefèvre conseille des particuliers sur leur épargne et leurs placements depuis 12 ans. Certifié AMF, il partage ici ses analyses sans langue de bois.