Dans cet article
- L'abattement pour une donation de son vivant à un enfant s'élève à 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans
- Un couple peut transmettre jusqu'à 200 000 € par enfant en franchise totale de droits grâce au cumul des abattements
- Le don familial de sommes d'argent (don Sarkozy) ajoute un abattement supplémentaire de 31 865 € sous conditions d'âge
- Les donations entre époux ou partenaires de PACS bénéficient d'un abattement de 80 724 €
- En combinant donation-partage, démembrement et assurance vie, il est possible de transmettre un patrimoine conséquent avec une fiscalité très réduite
- Les barèmes et abattements applicables en 2026 restent identiques à ceux en vigueur depuis 2012, aucune revalorisation n'ayant été votée
Sommaire
- Donation de son vivant : principe et intérêt patrimonial
- Abattements et montants exonérés en 2026
- Barème des droits de donation après abattement
- Les différents types de donations et leurs particularités
- Stratégie fiscale : optimiser la transmission de son vivant
- Démarches et formalités pour effectuer une donation
- Les erreurs fréquentes à éviter
- Cas pratiques et simulations chiffrées
Après douze années passées à accompagner des familles dans la structuration de leur patrimoine, je constate que la donation de son vivant reste l'un des leviers les plus puissants et les plus sous-exploités en matière de transmission. Beaucoup de mes clients repoussent le sujet, pensant qu'il est trop tôt ou trop complexe. Pourtant, chaque année qui passe sans stratégie claire représente une opportunité fiscale perdue.
Je vous propose un tour d'horizon complet des montants, abattements et stratégies fiscales applicables en 2026. Mon objectif : vous donner les clés pour transmettre efficacement, en toute légalité, tout en préservant votre niveau de vie.
Donation de son vivant : principe et intérêt patrimonial
La donation de son vivant est un acte juridique par lequel une personne (le donateur) transmet de manière irrévocable la propriété d'un bien ou d'une somme d'argent à une autre personne (le donataire), de son vivant. Contrairement à la succession qui intervient au décès, la donation permet d'anticiper la transmission et d'en maîtriser les conditions.
Pourquoi donner de son vivant plutôt qu'attendre la succession ? Les avantages sont multiples. D'abord, les abattements fiscaux se renouvellent tous les 15 ans, ce qui signifie qu'en anticipant, vous pouvez transmettre des montants considérables sans payer un euro de droits. Ensuite, vous accompagnez vos proches au moment où ils en ont le plus besoin : pour acheter un logement, lancer un projet professionnel ou constituer une épargne.
Je recommande systématiquement à mes clients de commencer à réfléchir à la donation dès lors que leur patrimoine dépasse 200 000 € et que leur situation financière est stabilisée. Cela ne signifie pas tout donner immédiatement, mais poser les bases d'une stratégie progressive.
La donation de son vivant s'inscrit parfaitement dans une approche globale d'optimisation fiscale de l'épargne. Elle se combine avec d'autres enveloppes et dispositifs pour réduire l'assiette taxable de votre patrimoine.

Abattements et montants exonérés en 2026
Le système fiscal français prévoit des abattements spécifiques en fonction du lien de parenté entre le donateur et le donataire. Ces abattements s'appliquent avant le calcul des droits de donation et se renouvellent par périodes de 15 ans.
| Lien de parenté | Abattement applicable | Renouvellement |
|---|---|---|
| Enfant | 100 000 € | Tous les 15 ans |
| Petit-enfant | 31 865 € | Tous les 15 ans |
| Arrière-petit-enfant | 5 310 € | Tous les 15 ans |
| Époux ou partenaire de PACS | 80 724 € | Tous les 15 ans |
| Frère ou sœur | 15 932 € | Tous les 15 ans |
| Neveu ou nièce | 7 967 € | Tous les 15 ans |
| Personne handicapée (cumulable) | 159 325 € | Tous les 15 ans |
À ces abattements classiques s'ajoute le don familial de sommes d'argent, souvent appelé "don Sarkozy". Il permet à chaque parent, grand-parent ou arrière-grand-parent de donner jusqu'à 31 865 € supplémentaires en franchise de droits, à condition que le donateur ait moins de 80 ans et le donataire soit majeur. Ce don se cumule avec les abattements classiques.
Concrètement, un couple avec deux enfants peut transmettre jusqu'à 263 730 € par enfant sans aucun droit à payer : 100 000 € d'abattement par parent (200 000 €) plus 31 865 € de don familial par parent (63 730 €). Sur 15 ans, cela représente un potentiel de transmission en franchise de droits de 527 460 € pour deux enfants.
Pour les donations portant sur un bien immobilier, la valeur retenue est la valeur vénale au jour de la donation. C'est un point essentiel : en donnant un bien dont la valeur est temporairement basse, vous optimisez mécaniquement la fiscalité. J'ai vu des familles réaliser des économies significatives en donnant des biens au creux d'un cycle immobilier, notamment via une SCI familiale.
Barème des droits de donation après abattement
Une fois l'abattement déduit, la fraction restante est soumise aux droits de donation selon un barème progressif. Voici le barème applicable en 2026 pour les donations en ligne directe (parents vers enfants) :
| Fraction taxable après abattement | Taux d'imposition |
|---|---|
| Jusqu'à 8 072 € | 5 % |
| De 8 072 € à 12 109 € | 10 % |
| De 12 109 € à 15 932 € | 15 % |
| De 15 932 € à 552 324 € | 20 % |
| De 552 324 € à 902 838 € | 30 % |
| De 902 838 € à 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
Pour les donations entre frères et sœurs, le taux est de 35 % jusqu'à 24 430 € puis 45 % au-delà. Entre personnes non parentes, le taux unique atteint 60 %. Vous comprenez pourquoi la ligne directe est toujours à privilégier dans une stratégie de transmission.
Ces taux soulignent l'importance de rester dans les limites des abattements autant que possible. Avec une bonne planification, la majorité des patrimoines familiaux peuvent être transmis avec des droits très modérés, voire nuls.
Les différents types de donations et leurs particularités
Toutes les donations ne se valent pas. En fonction de votre situation familiale et patrimoniale, certains formats sont plus adaptés que d'autres.
Le don manuel
Le don manuel consiste en la remise directe d'un bien meuble (somme d'argent, titres financiers, bijoux, œuvres d'art) sans acte notarié. Il doit être déclaré à l'administration fiscale via le formulaire Cerfa n°2735 dans le mois suivant la révélation du don. C'est la forme la plus simple et la moins coûteuse.
Je conseille le don manuel pour les transmissions de liquidités ou de portefeuilles titres. Si vous détenez un compte-titres ordinaire avec des plus-values latentes, sachez que la donation purge les plus-values : le donataire repart avec une valeur d'acquisition égale à la valeur au jour du don.
La donation notariée (donation simple)
Obligatoire pour les biens immobiliers, la donation notariée nécessite un acte authentique. Elle engendre des frais de notaire (émoluments, droits d'enregistrement, formalités) mais offre une sécurité juridique maximale. Le notaire vérifie la capacité du donateur, l'absence de fraude et la régularité de l'opération.
La donation-partage
C'est l'outil que je recommande le plus souvent aux familles avec plusieurs enfants. La donation-partage fige la valeur des biens au jour de l'acte ; il n'y a pas de réévaluation au décès du donateur. Cela évite les conflits entre héritiers et sécurise la répartition. Contrairement à la donation simple, la donation-partage ne sera pas rapportable à la succession pour sa valeur au jour du décès.
La donation avec réserve d'usufruit (démembrement)
Le donateur transmet la nue-propriété du bien tout en conservant l'usufruit (jouissance et revenus). Au décès de l'usufruitier, le donataire récupère la pleine propriété sans droits supplémentaires. La valeur de la nue-propriété dépend de l'âge du donateur au moment de la donation :
| Âge de l'usufruitier | Valeur de l'usufruit | Valeur de la nue-propriété |
|---|---|---|
| Moins de 21 ans | 90 % | 10 % |
| De 21 à 30 ans | 80 % | 20 % |
| De 31 à 40 ans | 70 % | 30 % |
| De 41 à 50 ans | 60 % | 40 % |
| De 51 à 60 ans | 50 % | 50 % |
| De 61 à 70 ans | 40 % | 60 % |
| De 71 à 80 ans | 30 % | 70 % |
| De 81 à 90 ans | 20 % | 80 % |
| 91 ans et plus | 10 % | 90 % |
Prenons un exemple concret : un parent de 55 ans donne la nue-propriété d'un bien immobilier valant 400 000 €. La nue-propriété est évaluée à 50 %, soit 200 000 €. Après abattement de 100 000 €, la base taxable n'est que de 100 000 €. Les droits s'élèvent à environ 18 194 € au lieu de 58 194 € en pleine propriété. L'économie est considérable.

Stratégie fiscale : optimiser la transmission de son vivant
Après des années de pratique, voici les stratégies que je mets en œuvre le plus fréquemment pour mes clients. Elles sont parfaitement légales et reconnues par l'administration fiscale.
Stratégie 1 : échelonner les donations sur plusieurs cycles de 15 ans
C'est la base de toute planification patrimoniale. En commençant tôt, vous pouvez utiliser deux, voire trois cycles d'abattements. Un parent qui commence à donner à 45 ans peut transmettre à chaque enfant 100 000 € à 45 ans, puis 100 000 € à 60 ans, puis 100 000 € à 75 ans. Soit 300 000 € en franchise totale de droits par parent et par enfant.
Pour un couple avec deux enfants, cela représente 1 200 000 € transmis sans aucune fiscalité sur trois cycles. Ajoutez les dons familiaux de sommes d'argent et vous dépassez 1 400 000 €.
Stratégie 2 : combiner donation et démembrement
En donnant la nue-propriété d'un bien, vous réduisez l'assiette taxable tout en conservant la jouissance. Cette approche est particulièrement pertinente pour les investissements immobiliers locatifs : vous continuez à percevoir les loyers pendant que la transmission s'opère à moindre coût.
Stratégie 3 : utiliser la SCI familiale
La SCI familiale permet de transmettre des parts sociales plutôt que des biens en direct. L'avantage : les parts de SCI bénéficient généralement d'une décote de 10 à 20 % par rapport à la valeur vénale du bien, car elles sont moins liquides qu'un bien détenu en direct. Combinée au démembrement, la SCI familiale constitue un outil de transmission redoutablement efficace.
Stratégie 4 : articuler donation et assurance vie
L'assurance vie bénéficie d'un cadre fiscal propre (abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans). En combinant donations de son vivant et assurance vie, vous multipliez les abattements disponibles. C'est une approche que je recommande systématiquement dans le cadre d'une stratégie patrimoniale globale.
Stratégie 5 : donner des titres financiers plutôt que du cash
Donner des titres (actions, OPCVM) depuis un compte-titres ordinaire permet de purger les plus-values latentes. Le donataire repart avec un prix de revient fiscal égal à la valeur au jour de la donation. Si vous détenez des titres en forte plus-value, c'est une façon élégante d'échapper à la flat tax de 30 % sur ces gains.
Démarches et formalités pour effectuer une donation
La procédure varie selon le type de donation et la nature des biens transmis.
Pour un don manuel (sommes d'argent, meubles)
Le donataire doit déclarer le don dans le mois suivant sa révélation à l'administration fiscale. Deux options : remplir le formulaire Cerfa n°2735 ("Déclaration de dons manuels et de sommes d'argent") en ligne sur impots.gouv.fr ou en version papier auprès du service de l'enregistrement compétent.
Je recommande toujours de formaliser le don par écrit, même si ce n'est pas obligatoire. Un simple courrier signé des deux parties, précisant la date, le montant et l'identité du donateur et du donataire, suffit pour sécuriser l'opération.
Pour une donation notariée
Vous devez consulter un notaire qui rédigera l'acte authentique. Les frais comprennent les émoluments du notaire (proportionnels à la valeur du bien), les droits d'enregistrement (s'il y a des droits à payer) et les formalités de publicité foncière pour les biens immobiliers. Comptez en moyenne 1 500 à 3 000 € de frais de notaire pour une donation immobilière de 200 000 €, hors droits de donation.
Documents à préparer
Quel que soit le type de donation, prévoyez les pièces suivantes : pièces d'identité du donateur et du donataire, justificatifs de la valeur du bien transmis (relevé bancaire, estimation immobilière, évaluation de portefeuille), acte de propriété pour un bien immobilier, et le cas échéant, le contrat de mariage ou convention de PACS.
Pour les biens immobiliers, une estimation fiable du bien est indispensable. L'administration fiscale peut contester une sous-évaluation dans un délai de trois ans.

Les erreurs fréquentes à éviter
En douze ans de conseil patrimonial, j'ai vu de nombreuses familles commettre des erreurs coûteuses. Voici les plus fréquentes.
Erreur n°1 : ne pas déclarer un don manuel. Un virement de 50 000 € à son enfant sans déclaration, c'est une bombe à retardement. En cas de contrôle fiscal ou de succession, l'administration recalculera les droits avec intérêts de retard et pénalités. De plus, l'abattement de 100 000 € ne sera pas correctement imputé.
Erreur n°2 : confondre don d'usage et donation. Les cadeaux d'usage (anniversaire, Noël, mariage) ne sont pas des donations taxables, à condition qu'ils restent proportionnés aux revenus du donateur. Un cadeau de 500 € pour un anniversaire, c'est un don d'usage. Un chèque de 30 000 € pour Noël quand on gagne 3 000 € par mois, c'est une donation déguisée.
Erreur n°3 : oublier le rappel fiscal de 15 ans. Si vous avez déjà effectué une donation il y a moins de 15 ans, l'abattement est diminué du montant déjà utilisé. Je vois trop souvent des familles qui donnent 100 000 € sans vérifier si un don antérieur n'a pas déjà consommé une partie de l'abattement.
Erreur n°4 : donner trop et trop vite. C'est un piège classique. Vous donnez l'essentiel de votre patrimoine pour "profiter des abattements" et vous vous retrouvez en difficulté financière. Avant toute donation, je calcule avec mes clients un budget prévisionnel incluant les dépenses futures (santé, dépendance, loisirs). La gestion rigoureuse du budget familial est un préalable indispensable.
Erreur n°5 : négliger l'équité entre héritiers. Une donation à un seul enfant sans précaution peut créer des déséquilibres et des conflits. La donation-partage est l'outil idéal pour garantir l'équité. Elle fige la valeur des biens au jour de l'acte et prévient les contestations ultérieures.
Cas pratiques et simulations chiffrées
Cas n°1 : famille avec deux enfants, patrimoine de 600 000 €
Pierre et Marie, 52 ans, possèdent un patrimoine de 600 000 € (résidence principale de 350 000 € et épargne de 250 000 €). Ils souhaitent transmettre à leurs deux enfants.
Stratégie recommandée : chaque parent donne 50 000 € en numéraire à chaque enfant (don manuel). Soit 200 000 € transmis immédiatement en utilisant la moitié de leurs abattements. Ils ajoutent un don familial de 31 865 € par parent et par enfant, soit 127 460 € supplémentaires. Total transmis : 327 460 € sans aucun droit de donation. À 67 ans, ils pourront renouveler l'opération avec le solde des abattements.
Cas n°2 : transmission d'un bien locatif via le démembrement
Jacques, 62 ans, veuf, possède un appartement locatif d'une valeur de 300 000 €. Il souhaite le transmettre à sa fille unique.
Avec le démembrement, la nue-propriété est évaluée à 60 % de la valeur du bien (Jacques a entre 61 et 70 ans), soit 180 000 €. Après abattement de 100 000 €, la base taxable est de 80 000 €. Les droits s'élèvent à environ 14 194 €. Sans démembrement, la base taxable aurait été de 200 000 € et les droits de 38 194 €. L'économie réalisée est de 24 000 €.
Jacques continue de percevoir les revenus fonciers de l'appartement jusqu'à son décès, moment où sa fille deviendra automatiquement pleine propriétaire.
Cas n°3 : optimisation globale avec SCI et assurance vie
Sophie et Laurent, 48 ans, patrimoine de 1 500 000 € (résidence principale 500 000 €, deux appartements locatifs 600 000 €, épargne financière 400 000 €). Trois enfants.
Phase 1 (immédiat) : création d'une SCI familiale pour loger les deux appartements locatifs. Donation de la nue-propriété des parts aux trois enfants en donation-partage. Valeur des parts avec décote de 15 % : 510 000 €. Nue-propriété à 60 % : 306 000 €. Soit 102 000 € par enfant, couvert par l'abattement de 100 000 € par parent. Droits quasi nuls.
Phase 2 (en parallèle) : ouverture de contrats d'assurance vie avec clause bénéficiaire désignant les trois enfants. Versement progressif de l'épargne financière. Au décès, chaque enfant bénéficiera de l'abattement de 152 500 € propre à l'assurance vie.
Phase 3 (dans 15 ans) : renouvellement des abattements pour un second cycle de donations en numéraire.
Résultat : un patrimoine de 1,5 million d'euros transmis avec des droits inférieurs à 10 000 € au total. Sans planification, les droits de succession auraient pu atteindre plus de 150 000 €.
Pour construire et suivre votre stratégie patrimoniale, une approche régulière et disciplinée comme le DCA en investissement est également applicable à la constitution de l'épargne que vous souhaitez transmettre. Et si vous débutez en matière de placements financiers, consultez notre guide pour investir en bourse pour débutant.
À retenir
- Commencez à planifier vos donations dès 45-50 ans pour profiter de deux à trois cycles d'abattements de 15 ans
- Privilégiez la donation-partage si vous avez plusieurs enfants pour figer les valeurs et éviter les conflits
- Combinez démembrement et SCI familiale pour réduire l'assiette taxable de 40 à 60 % sur les biens immobiliers
- Déclarez systématiquement vos dons manuels via le Cerfa n°2735 pour sécuriser l'imputation des abattements
- Conservez toujours un capital suffisant pour couvrir vos besoins futurs (santé, dépendance, train de vie) avant de donner
Questions fréquentes
Quel montant peut-on donner de son vivant sans payer de droits en 2026 ?
En 2026, chaque parent peut donner jusqu'à 100 000 € par enfant en franchise de droits, renouvelable tous les 15 ans. En ajoutant le don familial de sommes d'argent (31 865 € si le donateur a moins de 80 ans), un parent peut transmettre 131 865 € par enfant sans aucune fiscalité. Pour un couple, cela monte à 263 730 € par enfant.
Comment déclarer un don manuel à l'administration fiscale ?
Le donataire (celui qui reçoit) doit remplir le formulaire Cerfa n°2735 et le déposer dans le mois suivant la révélation du don auprès du service de l'enregistrement de son domicile. Cette déclaration peut se faire en ligne sur le site impots.gouv.fr. Même si aucun droit n'est dû (montant inférieur à l'abattement), la déclaration est indispensable pour faire courir le délai de rappel fiscal de 15 ans.
Quelle est la différence entre donation simple et donation-partage ?
La donation simple est un acte entre le donateur et un seul donataire. Sa valeur est réévaluée au jour du décès du donateur pour le calcul de la succession. La donation-partage, elle, implique au moins deux donataires (généralement les enfants) et fige la valeur des biens au jour de l'acte. C'est un avantage considérable : si le bien prend de la valeur après la donation, cette plus-value n'entre pas dans le calcul des droits de succession.
Peut-on annuler une donation de son vivant ?
En principe, une donation est irrévocable. Le Code civil ne prévoit que trois cas de révocation : l'inexécution des charges (si la donation était assortie de conditions), l'ingratitude du donataire (atteinte à la vie, sévices, injures graves) et la survenance d'enfants dans certaines conditions. En pratique, la révocation pour ingratitude est très difficile à obtenir devant les tribunaux. C'est pourquoi je recommande de bien réfléchir avant de donner et de ne jamais transmettre un patrimoine dont vous pourriez avoir besoin.
La donation de la nue-propriété est-elle avantageuse après 70 ans ?
Oui, mais l'avantage fiscal diminue avec l'âge. À 72 ans, la nue-propriété représente 70 % de la valeur du bien, ce qui laisse une décote de seulement 30 %. L'opération reste intéressante si le bien est de forte valeur, mais elle est nettement plus avantageuse avant 61 ans (nue-propriété à 50 %). Mon conseil : ne tardez pas à mettre en place le démembrement si cette stratégie vous intéresse.
Les donations sont-elles rapportables à la succession ?
Les donations simples sont rapportables à la succession pour leur valeur au jour du décès. Cela signifie qu'elles sont réintégrées dans la masse successorale pour vérifier que chaque héritier a bien reçu sa part réservataire. En revanche, les donations-partages ne sont rapportables que pour leur valeur au jour de l'acte, ce qui les rend bien plus prévisibles et sécurisantes pour l'ensemble des héritiers.
Ancien banquier privé, Marc Lefèvre conseille des particuliers sur leur épargne et leurs placements depuis 12 ans. Certifié AMF, il partage ici ses analyses sans langue de bois.