Dans cet article
- L'abattement fiscal entre frères et sœurs est très inférieur à celui applicable en ligne directe : les montants en vigueur sont consultables sur service-public.gouv.fr
- Les taux d'imposition sur les successions entre frères et sœurs figurent parmi les plus élevés du barème successoral, détaillé sur le site du ministère de l'Économie
- Sans testament, un frère ou une sœur n'hérite que si le défunt n'avait ni enfant, ni conjoint survivant
- Une exonération totale existe sous trois conditions cumulatives : plus de 50 ans ou handicapé, avoir vécu 5 ans avec le défunt, être célibataire
- L'assurance vie permet de transmettre un capital hors droits de succession classiques, selon un barème fiscal spécifique
- Le recours au testament et à la donation de son vivant reste le meilleur levier d'optimisation fiscale entre frères et sœurs
Sommaire
- Ordre des héritiers : quelle place pour les frères et sœurs ?
- Héritage entre frère et sœur sans testament : les règles légales
- Quels sont les droits de succession entre frères et sœurs ?
- Exonération totale : les trois conditions à remplir
- Frais de notaire pour une succession entre frère et sœur
- Comment éviter ou réduire les frais de succession entre frère et sœur ?
- Cas particuliers : frère célibataire, frère ou sœur décédé, indivision
- Anticiper la transmission entre frères et sœurs
De nombreuses familles sont confrontées à la question de l'héritage entre frère et sœur. C'est un sujet qui revient systématiquement lorsqu'un proche célibataire ou sans enfant décède, et la surprise est souvent la même : la fiscalité est lourde, bien plus lourde qu'entre parents et enfants. Cet article explique concrètement comment fonctionne la succession entre frères et sœurs, quels sont les droits applicables et surtout quelles stratégies mettre en place pour protéger sa fratrie.
Ordre des héritiers : quelle place pour les frères et sœurs ?
Pour comprendre l'héritage entre frère et sœur, il faut d'abord rappeler comment le Code civil organise l'ordre des héritiers. La loi française classe les héritiers en quatre ordres de priorité :
- 1er ordre : les enfants et leurs descendants (petits-enfants)
- 2e ordre : les parents, les frères et sœurs et leurs descendants (neveux, nièces)
- 3e ordre : les ascendants autres que les parents (grands-parents)
- 4e ordre : les collatéraux ordinaires (oncles, tantes, cousins)
Les frères et sœurs se situent donc au deuxième ordre. En pratique, cela signifie qu'ils n'héritent que lorsque le défunt n'a laissé ni enfant, ni petit-enfant. De plus, la présence d'un conjoint survivant modifie considérablement la donne : si le défunt était marié, le conjoint dispose de droits prioritaires qui peuvent exclure partiellement ou totalement la fratrie.
Beaucoup de gens pensent qu'un frère ou une sœur hérite automatiquement. Ce n'est le cas que dans des configurations familiales précises. Pour transmettre à sa fratrie, il est indispensable d'anticiper avec un testament ou une donation de son vivant.

Voir aussi Attestation de TVA simplifiée : dans quels cas elle suffit
Héritage entre frère et sœur sans testament : les règles légales
En l'absence de testament, c'est la dévolution légale qui s'applique. Voici les principaux cas de figure :
Le défunt n'avait ni conjoint, ni enfant, ni parent vivant
C'est le scénario le plus simple. Les frères et sœurs se partagent l'intégralité de la succession à parts égales. Si l'un des frères ou sœurs est prédécédé, ses propres enfants (neveux et nièces du défunt) héritent à sa place par représentation.
Le défunt n'avait ni conjoint ni enfant, mais un ou deux parents vivants
Chaque parent vivant reçoit un quart de la succession. Le reste est partagé entre les frères et sœurs. Si les deux parents sont vivants, la fratrie se partage donc la moitié de l'héritage. Si un seul parent survit, elle reçoit les trois quarts.
Le défunt était marié mais sans enfant
Le conjoint survivant est héritier prioritaire. Selon les situations :
- Si les deux parents du défunt sont vivants : le conjoint reçoit la moitié, chaque parent un quart. Les frères et sœurs n'héritent de rien.
- Si un seul parent est vivant : le conjoint reçoit les trois quarts, le parent un quart. La fratrie est exclue.
- Si aucun parent n'est vivant : le conjoint hérite de la totalité, sauf pour les biens de famille (droit de retour légal).
Ce dernier cas est souvent celui qui surprend le plus. Sans testament et sans parents vivants, un frère marié qui décède ne laisse rien à sa fratrie, même s'ils étaient très proches. C'est pourquoi la rédaction d'un testament est systématiquement conseillée pour protéger ses frères et sœurs, en particulier dans le cas d'une succession complexe ou conflictuelle.
Quels sont les droits de succession entre frères et sœurs ?
La fiscalité successorale entre frères et sœurs est parmi les plus élevées en France. Chaque frère ou sœur bénéficie d'un abattement, mais celui-ci est très inférieur à celui applicable en ligne directe (parent-enfant). Au-delà de cet abattement, la part taxable est soumise à un barème à deux tranches dont les taux sont nettement plus lourds qu'en ligne directe.
Le barème des droits de succession entre frères et sœurs (abattement, tranches et taux en vigueur) est publié par le ministère de l'Économie et détaillé sur service-public.gouv.fr. Ces pages permettent de consulter les abattements et taux applicables selon le lien de parenté et de simuler le montant des droits à payer.
Pour mettre la situation en perspective : un enfant qui hérite de son parent bénéficie d'un abattement bien plus élevé et de taux progressifs démarrant beaucoup plus bas. Le conjoint survivant ou le partenaire de PACS est quant à lui totalement exonéré. L'écart est considérable, et c'est la raison pour laquelle l'anticipation est cruciale entre frères et sœurs.

Exonération totale : les trois conditions à remplir
Il existe un cas méconnu qui permet à un frère ou une sœur d'être totalement exonéré de droits de succession. C'est une disposition prévue par l'article 796-0 ter du Code général des impôts, et il est vivement conseillé de vérifier si l'on y est éligible.
Les trois conditions sont cumulatives : il faut toutes les remplir simultanément :
- Être célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps au moment du décès du frère ou de la sœur
- Avoir plus de 50 ans ou être atteint d'une infirmité ne permettant pas de subvenir seul à ses besoins
- Avoir été domicilié avec le défunt de manière constante pendant les cinq années précédant le décès
En pratique, cette exonération concerne surtout les fratries qui ont vécu ensemble toute leur vie, souvent dans la maison familiale.
Attention cependant : l'administration fiscale est vigilante sur la condition de domiciliation. Il faut pouvoir justifier de la cohabitation effective par des documents (avis d'imposition à la même adresse, attestation de la mairie, factures communes). Un simple lien affectif ne suffit pas.
Voir aussi Être assujetti à la TVA : ce que ça change concrètement pour une entreprise
Frais de notaire pour une succession entre frère et sœur
Au-delà des droits de succession versés au Trésor public, il faut aussi prévoir les frais de notaire. Le recours à un notaire est obligatoire dès lors que la succession comprend un bien immobilier, ce qui est fréquent lorsqu'un frère ou une sœur hérite de la maison familiale.
Les émoluments du notaire sont réglementés et calculés par tranches sur la valeur de l'actif brut de la succession. Le barème applicable est fixé par décret et consultable sur le site des Notaires de France. À ces émoluments s'ajoutent la TVA, les débours (frais avancés par le notaire pour les documents administratifs, cadastre, etc.) et les formalités hypothécaires en cas de bien immobilier.
Ces frais s'ajoutent aux droits de succession. Au total, la facture fiscale et notariale peut absorber une part significative de l'héritage. C'est pourquoi la section suivante est consacrée aux stratégies d'optimisation.
Comment éviter ou réduire les frais de succession entre frère et sœur ?
Face à la lourdeur de la fiscalité successorale entre frères et sœurs, plusieurs stratégies permettent de limiter la facture.
1. L'assurance vie : l'outil incontournable
L'assurance vie est de loin le meilleur levier fiscal pour transmettre entre frères et sœurs. Les capitaux versés avant les 70 ans de l'assuré bénéficient d'un abattement spécifique par bénéficiaire, puis d'un taux réduit par rapport au barème successoral classique. Après 70 ans, un abattement global s'applique sur les primes versées (partagé entre tous les bénéficiaires), et seules les primes sont taxées, pas les intérêts. Les montants des abattements et les taux applicables sont détaillés sur service-public.gouv.fr. Pour approfondir le sujet, consultez le comparatif PEA ou assurance vie et le guide sur le rendement de l'assurance vie.
2. La donation de son vivant
Chaque personne peut donner à chacun de ses frères et sœurs une somme en franchise de droits, dans la limite de l'abattement applicable, renouvelable tous les 15 ans. Ce n'est pas un montant considérable, mais cumulé sur plusieurs cycles, cela permet de transmettre des sommes significatives sans impôt. Le montant de l'abattement en vigueur et les conditions applicables aux donations entre frères et sœurs sont publiés sur service-public.gouv.fr. À noter : le don familial de sommes d'argent exonéré sous conditions n'est pas applicable entre frères et sœurs ; il est réservé aux descendants.
3. Le testament pour optimiser la répartition
En l'absence d'héritier réservataire (enfant), un frère ou une sœur peut léguer l'intégralité de son patrimoine à qui il le souhaite par testament. Cela permet notamment de :
- Écarter le conjoint survivant au profit de la fratrie (dans certaines limites)
- Répartir de manière inégale entre frères et sœurs selon les besoins de chacun
- Prévoir des legs particuliers (un bien précis à une personne précise)
4. Le démembrement de propriété
Donner la nue-propriété d'un bien immobilier tout en conservant l'usufruit est une technique classique en gestion de patrimoine. À terme, au décès de l'usufruitier, le nu-propriétaire récupère la pleine propriété sans droits supplémentaires. C'est particulièrement pertinent pour la transmission de la maison familiale. Cette stratégie peut aussi être combinée avec une SCI familiale pour encore plus de souplesse.
5. Le pacte tontinier
Moins connu, le pacte tontinier permet à deux frères et sœurs qui achètent un bien ensemble de prévoir que le survivant sera réputé propriétaire depuis l'origine. Attention toutefois : la fiscalité applicable dépend de la valeur du bien et peut être moins avantageuse qu'une assurance vie. C'est une solution à étudier au cas par cas avec un notaire.

Cas particuliers : frère célibataire, frère ou sœur décédé, indivision
Succession d'un frère célibataire décédé
C'est le cas de figure le plus courant dans lequel les frères et sœurs héritent. Si le frère était célibataire, sans enfant et sans parent vivant, les frères et sœurs sont ses héritiers légaux. La succession se partage à parts égales entre les frères et sœurs survivants. Ce scénario est aussi celui où l'absence de testament est la plus pénalisante fiscalement, car il n'y a eu aucune optimisation préalable.
Héritage d'un frère ou d'une sœur déjà décédé(e)
Si l'un des frères ou sœurs est décédé avant le défunt, ses enfants (neveux et nièces) viennent en représentation. Ils se partagent la part qu'aurait reçue leur parent.
L'indivision sur un bien immobilier
Lorsque plusieurs frères et sœurs héritent ensemble d'un bien immobilier (la maison familiale par exemple), ils se retrouvent en indivision. Cette situation engendre souvent des tensions : qui occupe le bien ? Qui paie les charges ? Faut-il vendre ? Trois options s'offrent aux indivisaires :
- Rester en indivision : possible, mais instable car chaque indivisaire peut demander le partage à tout moment
- Racheter les parts : un frère ou une sœur rachète la part des autres, moyennant des droits de partage dont le taux est fixé par la loi
- Vendre le bien : la solution la plus propre, avec partage du prix de vente
L'indivision prolongée est rarement une bonne option entre frères et sœurs. Elle cristallise les désaccords et complexifie la gestion du bien. Pour réinvestir le produit d'une éventuelle vente, il peut être utile de consulter les options d'investissement immobilier.
Anticiper la transmission entre frères et sœurs
Agir tôt. La plupart des leviers d'optimisation (assurance vie avant 70 ans, donations avec abattement renouvelable tous les 15 ans, démembrement) supposent d'anticiper. Plus la démarche est engagée tôt, plus la transmission est efficace. C'est le même principe que pour l'épargne régulière : le temps est le meilleur allié.
Consulter un notaire. Chaque situation familiale est unique. Les règles de succession entre frères et sœurs interagissent avec le régime matrimonial du défunt, l'existence éventuelle de demi-frères et demi-sœurs, les donations antérieures, etc. Un notaire saura adapter la stratégie au cas précis.
Combiner les outils. L'assurance vie seule ne suffit pas toujours. La combinaison testament, assurance vie et donation en nue-propriété permet d'optimiser la transmission sur plusieurs fronts. Un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine peut déterminer la répartition la plus avantageuse selon la situation.
Penser au paiement fractionné ou différé. Si les droits de succession sont élevés, l'administration fiscale peut accorder un paiement fractionné ou différé (en cas de nue-propriété). Cela évite de devoir vendre un bien dans l'urgence pour payer l'impôt. Les informations détaillées sont disponibles sur le site des impôts.
Établir un budget familial clair. Anticiper la transmission passe aussi par une bonne connaissance de son patrimoine. Lister ses actifs, estimer leur valeur, identifier les bénéficiaires souhaités : cette cartographie est le point de départ de toute stratégie successorale.
Enfin, le vocabulaire successoral peut être complexe. L'article sur les synonymes du mot héritage peut aider à mieux comprendre les documents juridiques rencontrés dans ce contexte.
À retenir
- Vérifier si les trois conditions d'exonération totale sont remplies (célibataire, 50 ans ou plus, cohabitation 5 ans) avant de payer les droits
- Souscrire une assurance vie avant 70 ans en désignant ses frères et sœurs bénéficiaires pour profiter de l'abattement spécifique (montant sur service-public.gouv.fr)
- Rédiger un testament si l'on n'a pas d'enfant et que l'on souhaite protéger sa fratrie
- Exploiter l'abattement sur les donations entre frères et sœurs, renouvelable tous les 15 ans (montant sur service-public.gouv.fr)
- Consulter un notaire pour combiner démembrement, assurance vie et testament selon la situation patrimoniale
Questions fréquentes
Comment éviter les frais de succession entre frère et sœur ?
La méthode la plus efficace est l'assurance vie souscrite avant 70 ans, qui offre un abattement spécifique par bénéficiaire hors succession classique (montant consultable sur service-public.gouv.fr). Il est aussi possible d'utiliser les donations avec l'abattement entre frères et sœurs renouvelable tous les 15 ans, le démembrement de propriété pour transmettre un bien immobilier, ou encore de vérifier si les trois conditions d'exonération totale sont remplies (célibataire ou veuf, plus de 50 ans ou handicapé, cohabitation d'au moins 5 ans).
Quels sont les droits de succession entre frères et sœurs ?
Après application d'un abattement, les droits de succession entre frères et sœurs sont calculés selon un barème à deux tranches dont les taux sont nettement plus élevés qu'en ligne directe (enfant-parent). Le barème en vigueur (abattements, tranches et taux) est publié sur le site service-public.gouv.fr et sur le site du ministère de l'Économie.
Quel héritage entre frère et sœur sans testament ?
Sans testament, un frère ou une sœur n'hérite que si le défunt n'avait ni enfant, ni conjoint survivant. Si les parents du défunt sont vivants, ils reçoivent chacun un quart de la succession et la fratrie se partage le reste. Si le défunt était marié sans enfant et sans parent vivant, le conjoint hérite de la totalité et les frères et sœurs ne reçoivent rien (sauf droit de retour sur les biens de famille).
Quels sont les frais de notaire pour une succession entre frère et sœur ?
Les émoluments du notaire sont identiques quel que soit le lien de parenté. Ils sont calculés par tranches sur l'actif brut de la succession, selon un barème réglementé consultable sur le site des Notaires de France. À ces émoluments s'ajoutent la TVA, les débours (frais avancés pour les documents administratifs) et les formalités hypothécaires en cas de bien immobilier. Ces frais s'ajoutent aux droits de succession versés au fisc.
Peut-on déshériter un frère ou une sœur ?
Oui, car les frères et sœurs ne sont pas des héritiers réservataires en droit français. Seuls les enfants (et le conjoint dans une certaine mesure) bénéficient d'une part réservée. Il est donc possible, par testament, de léguer l'intégralité de son patrimoine à une seule personne ou à un organisme, excluant ainsi totalement la fratrie de la succession.
Comment se passe le partage d'une maison entre frères et sœurs ?
Les frères et sœurs héritiers se retrouvent en indivision sur le bien immobilier. Trois options s'offrent à eux : rester en indivision (chacun peut demander le partage à tout moment), qu'un héritier rachète les parts des autres (moyennant des droits de partage fixés par la loi), ou vendre le bien et partager le prix de vente. Le partage nécessite obligatoirement un acte notarié si la succession comprend un bien immobilier.
Un demi-frère ou une demi-sœur a-t-il les mêmes droits ?
Les demi-frères et demi-sœurs (un seul parent commun) héritent selon la règle de la fente successorale. La succession est divisée en deux parts : une pour la branche paternelle, une pour la branche maternelle. Les frères et sœurs germains (deux parents communs) prennent part dans les deux branches, tandis que les demi-frères et demi-sœurs ne prennent part que dans leur branche. Fiscalement, ils bénéficient du même abattement et des mêmes taux que les frères et sœurs germains (barème sur service-public.gouv.fr).
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Sources
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